artists:

Par Pascal Uccelli, 13 octobre 2009 à 06:07

Openers – Bukowski Mystic from moochcassidy on Vimeo.

she wrote me for years.
“I’m drinking wine in the kitchen.
it’s raining outside. the children
are in school.”

she was an average citizen
worried about her soul, her typewriter
and her
underground poetry reputation.

she wrote fairly well and with honesty
but only long after others had
broken the road ahead.

she’d phone me drunk at 2 a.m.
at 3 a.m.
while her husband slept.

“it’s good to hear your voice,” she’d
say.

“it’s good to hear your voice too,” I’d
say.

what the hell, you
know.

she finally came down. I think it had
something to do with
The Chapparal Poets Society of California.
they had to elect officers. she phoned me from their hotel.

“I’m here,” she said, “we’re going to elect officers.”

“o.k., fine,” I said, “get some good ones.”

I hung up.

the phone rang again.
“hey, don’t you want to see me?”

“sure,” I said, “what’s the address?”

after she said goodbye I jacked-off
changed my stockings
drank a half bottle of wine and
drove on out.

they were all drunk and trying to
fuck each other.

I drove her back to my place.

she had on pink panties with
ribbons.

we drank some beer and
smoked and talked about
Ezra Pound, then we
slept.

it’s no longer clear to
me whether I drove her to
the airport or
not.

she still writes letters
and I answer each one
viciously
hoping to make her
stop.

someday she may luck into
fame like Erica Jong. (her face is not as good
but her body is better)
and I’ll think,
my God, what have I done?
I blew it.

or rather: I didn’t blow
it.

meanwhile I have her box number
and I’d better inform her
that my second novel will be out
in September.
that ought to keep her nipples hard
while I consider the possibility of
Francine du Plessix Gray.

Charles Bukowski

“LOVE IS A DOG FROM HELL” – Charles Bukowski – Poems 1974-1977 – Copyright © 1977 by Charles Bukowski. All rights reserved.

Tags: 2 a.m., 3 a.m., airport, artists, beer, Charles Bukowski, children, Ezra Pound, Francine du Plessix Gray, fuck, hotel, husband, kitchen, letters, novel, pink panties, poetry, poets, reputation, school, September, soul, typewriter, underground, viciously, voice, wine

love is a dog from hell

Par Pascal Uccelli, 7 octobre 2009 à 21:51

Charles BukowskiJohnny Cash

feet of cheese
coffeepot soul
hands that hate poolsticks
eyes like paperclips
I prefer red wine
I am bored on airliners
I am docile during earthquakes
I am sleepy at funerals
I puke at parades
and am sacrificial at chess
and cunt and caring
I smell urine in churches
I can no longer read
I can no longer sleep

eyes like paperclips
my green eyes
I prefer white wine

my box of rubbers is getting
stale
I take them out
Trojan-Enz
lubricated
for greater sensitivity
I take them out
and put three of them on

the walls of my bedroom are blue

Linda where did you go?
Katherine where did you go?
(and Nina went to England)

I have toenail clippers
and Windex glass cleaner

green eyes
blue bedroom
bright machinegun sun

this whole thing is like a seal
caught on oily rocks
and circled by the Long Beach Marching Band
at 3:36 p.m.

there is a ticking behind me
but no clock
I feel something crawling along
the left side of my nose:
memories of airliners

my mother had false teeth
my father had false teeth
and every Saturday of their lives
they took up all the rugs in their house
waxed the hardwood floors
and covered them with rugs again

and Nina is in England
and Irene is on ATD
and I take my green eyes
and lay down in my blue bedroom.

Charles Bukowski

“LOVE IS A DOG FROM HELL” – Charles Bukowski – Poems 1974-1977 – Copyright © 1977 by Charles Bukowski. All rights reserved.

Tags: 3:36 p.m., airliners, ATD, bedroom, blue, Charles Bukowski, churches, dog, earthquakes, England, eyes, false, father, floors, funerals, green, hands, hell, house, Irene, Katherine, Linda, love, mother, Nina, parades, red wine, rocks, Saturday, teeth, urine, walls, white wine

we will taste the islands and the sea

Par Pascal Uccelli, 4 octobre 2009 à 11:51

Charles Bukowski – “The Secret of My Endurance”

I know that some night
in some bedroom
soon
my fingers will
rift
through
soft clean
hair

songs such as no radio
plays
all sadness, grinning
into flow.

Charles Bukowski

“LOVE IS A DOG FROM HELL” – Charles Bukowski – Poems 1974-1977 – Copyright © 1977 by Charles Bukowski. All rights reserved.

Tags: bedroom, Charles Bukowski, fingers, hair, islands, night, radio, sadness, sea, songs

dog

Par Pascal Uccelli, 3 octobre 2009 à 10:40

Charles Bukowski – 16/08/1920 – 09/03/1994

a single dog

walking alone on a hot sidewalk of

summer

appears to have the power

of ten thousand gods.

why is this?

Charles Bukowski

“LOVE IS A DOG FROM HELL” – Charles Bukowski – Poems 1974-1977 – Copyright © 1977 by Charles Bukowski. All rights reserved.

Tags: alone, bukaddict, Charles Bukowski, dog, gods, power, sidewalk, single, summer, thousand

les derniers jours du petit suicidé

Par Pascal Uccelli, 29 octobre 2007 à 15:56

je me vois à présent
après tous ces jours et toutes ces nuits de suicide
poussé dans mon fauteuil roulant hors de l’une de ces
  maisons
de retraite stériles (seulement si je deviens célèbre et
  que j’aie de la chance, bien sûr)
par une infirmière arriérée mourant d’ennui…
je suis assis bien droit dans mon fauteuil roulant…
presque aveugle, les yeux qui roulent vers le noir de
  mon crâne
à la recherche
de la mort miséricordieuse…

” Belle journée, n’est-ce pas, Mr. Bukowski ? ”

” Ouais, ouais… ”

les enfants passent et je n’existe même pas
les jolies femmes passent
larges hanches brûlantes
fesses chaudes brûlantes et tout
priant pour être aimé
et je n’existe
même pas…

” C’est le premier rayon de soleil depuis 3 jours,
Mr. Bukowski. ”

” Ouais, ouais. ”

je suis assis bien droit dans mon fauteuil roulant,
plus blanc que cette feuille de papier,
exsangue,
plus de cerveau, plus de paris, plus de moi,
Bukowski…

” Belle journée, n’est-ce pas, Mr. Bukowski ? ”

” Ouais, ouais… ” pissant dans mon pyjama, la bave
  qui me coule sur le menton.

2 jeunes écoliers passent en courant -

” Hé ! t’as vu ce vieux ? ”

” Seigneur, oui, il me donne envie de vomir ! ”
après avoir si souvent menacé de le faire
quelqu’un d’autre a commis un suicide pour moi
enfin.

l’infirmière arrête le fauteuil roulant, cueille une rose
   sur
un buisson,
la met dans ma main.

je ne sais même pas
ce que c’est. ce pourrait aussi bien être mon zizi
pour tout le bien que
j’en tire.

Charles Bukowski

” RUN WITH THE HUNTED A Charles Bukowski Reader – Harper Collins, États-Unis, 1993.”
© Charles Bukowski, 1969, 1971, 1972, 1973, 1974, 1975, 1977, 1978, 1979, 1982, 1983, 1986, 1988, 1989, 1990, 1992, 1993.
© Éditions Grasset & Fasquelle, 2000, pour la traduction française.

Tags: brûlantes, Bukowski, exsangue, suicide

à Ann Bauman – 2 mai 1963

Par Pascal Uccelli, 27 juillet 2007 à 21:18

J’écris ceci juste après que tu as téléphoné. Tu n’aurais pas dû, tu as si peu d’argent… Ton coup de téléphone était un cri de désespoir, et je t’aime pour ça, et il y a quelque chose de bon en toi, tu ne le sais peut-être pas, mais il y en a, alors pardonne à tes paroles perdues et à tes comas… Il est si rare d’entendre un cri sortir de toute cette folie. Tu sais, je ne suis pas très doué pour parler au téléphone ou pour parler tout court.
Je dis des choses communes, ennuyeuses, je bafouille, et tout ce qui en sort n’est que l’expression d’une honte, d’un manque de coeur, d’un manque de qualités. Et lorsque je raccroche, j’ai toujours l’impression d’avoir tout gâché, et cet état d’échec n’est pas un échec au sens ordinaire du terme, il contamine tout : toi, moi, et demain matin et chaque jour qui passe. [...]

Ann, je pense que tu devrais maintenant t’en rendre compte :

je ne suis pas fondamentalement un poète, je hais tous ces foutus poètes, je hais tous ces foutus poètes gluants qui déversent le chaos de leur vie devant ce monde pleurnichant, tous les poètes sont mauvais et le monde est mauvais, et on en est là, ouais ! Ce que j’essaie de dire c’est que la poésie, ce que j’écris, ne représente qu’un dixième de moi-même, les neuf foutus autres dixièmes qui restent regardent par-dessus le rebord d’une falaise une mer de rochers, de tourbillons perfides et de damnations minables. Je souhaite seulement pouvoir supporter une tombe de style classique que je me taillerais dans un beau marbre qui durerait des siècles, au-delà de l’aboiement de ce chien que j’entends par ma fenêtre de cette année 1963, mais je suis damné, claqué, amer, et mon inutilité se perd maintenant dans le néant de mes bras de mes yeux de mes doigts qui écrivent cette lettre, datée du premier ou du 2 mai 1963, après t’avoir parlé au téléphone.

Je mérite de mourir. J’attends la mort comme un faucon empanaché qui tient entre ses serres et dans son bec un poème pour mon sang emprisonné. On dirait que ça sonne rudement bien, mais ça ne va pas du tout. Ma part de poésie, son apparente réalité, ce que j’écris, c’est de l’excrément, du vent, de la salive, ce sont des cuirassés en train de couler.

Lorsque ce monde – qui se donne des allures de grande classe mais qui est presque au rabais – oubliera mes poèmes, ça ne sera pas entièrement de sa faute, mais de la mienne, parce que je ne pense pas à l’écriture, parce que toute ma poésie ne tient qu’à un fil, parce qu’elle se trouve dans le beurre que j’étale sur une tartine ou lorsque je coupe un oignon.

Tu n’as aucune idée de l’importance que ton coup de téléphone a eue pour moi, bien que je me sois montré ennuyeux, maussade et stupide, mais je préférerais que cela ne se reproduise plus. Je sais ce qu’il en est pour toi et les tiens, et je ne voudrais pas faire de mal au peu de personnes de bien que je connais en ce monde, et cela à cause de Bukowski le dégueulis ¹. (Quelqu’un m’a écrit un jour que Bukowski rimait avec dégueulis. C’est exact, mais ce qui est plus important c’est que d’une certaine manière ce sobriquet est comme un lustre qui transporte sa lumière dans une pièce vide). Ce problème étant réglé, je suppose que tout ira pour le mieux, même si bien sûr je ne sais pas quand ni comment ni de quoi sera fait le prochain coup de téléphone. Je suis un lâche, mais tous les hommes perdus, condamnés sont des lâches, ne les entends-tu pas crier, ne les entends-tu pas se demander ce qu’est l’existence ? C’est quoi ? C’est se noyer. Et ils ne se noient pas par manque d’air et de lumière, par suffocation ou par amour, mais par envie. Et c’est cette envie qu’ils nous transmettent et qui nous fait nous demander ce qu’on fout ici-bas. Pour ces quelques trucs. Comme un coup de fil de Sacramento à 7 heures et demie du soir. Je ne sais pas, je ne sais pas, et c’est d’une telle tristesse… Si je pouvais donner mes larmes pour que tout aille mieux, nous nous noierions tous dans mes larmes malades. Je sais à peine ce que je dois faire de ma propre existence. Je bois trop. Ou pas assez. Je joue. Je fais l’amour à des femmes qui n’existent qu’à travers leur corps et lorsque je les regarde dans les yeux je sais que je me mens à moi-même et que je leur mens parce que je ne vaux pas mieux qu’un chien. L’amour ou l’acte d’amour devrait ressembler à autre chose que deux steaks en train de cuire dans une poêle sinon tout s’envole comme des fétus de paille dans un jardin. Sinon l’existence est à jamais anéantie dans la bave d’un escargot que l’on vient d’écrabouiller.

La pratique de la poésie en tant que but est la pire des béquilles. Ça vous met un homme K.O. Et si cet homme est déjà K.O. avant de se mettre à écrire, il n’arrivera pas à surmonter les accords légers des ténèbres et les sons plaintifs de sa prose et finira par ne demeurer que ce qu’il était déjà : juste un autre magnifique bidouilleur qui fait son boulot de la pire manière qui soit.

Tu dois comprendre qu’il y a d’autres moyens de prendre le taureau par les cornes, et que cela ne passe pas forcément par la machine à écrire. Ces mêmes moyens peuvent ne s’avérer être que le résultat d’un mauvais choix. Ne prends jamais la littérature pour un miroir bénit. Il y a beaucoup d’appelés mais peu d’élus. Il n’y a que les meilleurs qui traversent les siècles, il n’y a qu’eux pour traverser les époques. Tout est une question de chance, de merde et de hasard. Excuse-moi pour le mot du milieu. S’il y a bien une chose que je déteste c’est l’emploi d’un mot grossier dit de façon obscène ou une blague vulgaire ou encore ce dont sont faits les rapports sexuels l’existence les hommes les femmes et comme ils ont l’air de les remettre en question.

Tu dois savoir que je suis du genre siphonné (dans le genre cris stridents teintés d’or proférés à demi-voix…) et que je ne suis pas là pour critiquer tes vers, d’autres l’ont fait bien mieux que moi, Racine par exemple. Parce qu’il est tellement facile de se moquer du travail des autres ou de flatter quand on n’a soi-même jamais rien produit ni même essayé de produire… Alors je te le dis, fonce : fais des vers, téléphone, envoie des lettres, écris sur la mort et l’amour, parle de tes nuits blanches, parle de tes aventures, de tes immersions dans ces vastes arènes pleines de sons et d’imprévu. Par avance je te remercie d’aller de l’avant, et j’irai de mon côté un peu plus loin moi aussi.

p.s. : ne m’en veux pas de ressentir les choses plus profondément qu’il n’est nécessaire (peut-être). Il se peut que tout cela aille plus loin que des grenouilles perdues dans la nature, que des brûlures de cigarette dans des bas, que des néons scintillant dans la nuit… il se peut que nous ne soyons que des créatures imaginaires et que trop peu d’entre nous sachions supporter la réalité, le mariage, l’existence… [...]

Charles Bukowski

“CORRESPONDANCE 1958 – 1994″ – Traduit de l’américain par Marc Hortemel – Les éditions originales dont sont extraites ces lettres ont été publiées par Black Sparrow Press sous le titre : SCREAMS FROM THE BALCONY (correspondance vol. 1, 1993) – LIVING ON LUCK (correspondance vol. 2, 1995) – REACH FOR THE SUN (correspondance vol. 3, 1999) – Notes de l’éditeur américain Seamus Cooney et de Marc Hortemel (précisées N.d.T.) – Vol. 1 © 1978 by Charles Bukowski. – Vol. 2 © 1995 by Linda Lee Bukowski. – Vol. 3 © 1999 by Linda Lee Bukowski. – © Éditions Grasset & Fasquelle, 2005, pour la traduction française.

1. En américain : Buk the puke. (N.d.T.)

Tags: 1963, amer, bukaddict, Bukowski, K.O.

Charles Bukowski Tattoo by “Under My Skin”

Par Pascal Uccelli, 26 juillet 2007 à 13:56

“Valencia Tattoo Convention 7th” – 13.14.15/07/2007 – Charles Bukowski Tattoo by “Under My Skin” – 45 Bd de la Blancarde – 13004 Marseille – France

Charles Bukowski Tattoo by “Under My Skin” est déposé et protégé par “IDDN” – InterDeposit Digital Number – © Pascal Uccelli 2007 – Tous Droits Réservés – Toutes Reproductions Interdites

Tags: bukaddict, Bukowski, Pascal Uccelli, Tattoo, Valencia

“LOVE IS A DOG FROM HELL”

Par Pascal Uccelli, 25 juillet 2006 à 22:00

Photo : Gérald Géronimi – PIXEL 13 – Pascal Uccelli ” LOVE IS A DOG FROM HELL “ Photo déposée et protégée par système iddn – © Pascal Uccelli 2006 – Tous Droits Réservés – Toutes Reproductions Interdites

Tags: bukaddict, Bukowski, hell, love, Pascal Uccelli

les griffes du paradis

Par Pascal Uccelli, 23 août 2005 à 13:00

papillon de bois
sourire de bicarbonate
mouche de sciure-
j’adore mon ventre
et le type du magasin d’alcool
m’appelle
Mr.Schlitz.
les caissiers du champ de courses
crient :
LE POÈTE SAIT!
quand je me fais payer mes tickets.

les femmes
au lit et hors du lit
disent qu’elles m’aiment
comme je me promène les pieds
blancs et mouillés.

albatros aux yeux d’ivrogne
shorts à la Popeye couverts de taches
punaises de Paris,
j’ai nettoyé les barricades
j’ai maîtrisé
l’automobile
la gueule de bois
les larmes
mais je connais
mon sort
comme l’écolier qui regarde
le chat se faire écraser
par les voitures qui passent.

mon crâne est fendu sur
près de quatre centimètres
sur la calotte.
je n’ai pratiquement plus que les dents
de devant. j’ai des
étourdissements dans les supermarchés
crache du sang quand je bois du
whisky
et deviens triste
à
pleurer
quand je pense à toutes
ces femmes bien que j’ai connues
et qui se sont
dissoutes
évanouies
pour des bagatelles :
voyages à Pasadena,
pique-niques d’enfants,
bouchons de dentifrice dans
le trou du lavabo.

il n’y a rien d’autre à faire
que boire
jouer aux courses
miser sur la poésie

pendant que les jeunes filles
deviennent des femmes
et que les mitrailleuses
se braquent sur moi
accroupi
derrière des murs plus minces
que des paupières.

il n’y a pas de défense
sinon toutes les erreurs
commises.

entre-temps
je prends des douches
réponds au téléphone
prépare des oeufs coque
regarde bouge paresse
et me sens aussi bien que
quiconque en
marchant au soleil.

Charles Bukowski

” RUN WITH THE HUNTED A Charles Bukowski Reader ” – © 1969, 1971, 1972, 1973, 1974, 1975, 1977, 1978, 1979, 1982, 1983, 1986, 1988, 1989, 1990, 1992, 1993 by Charles Bukowski – © Editions Grasset & Fasquelle, 2000, pour la traduction française

Tags: bukaddict, Bukowski, champ de courses, gueule de bois, Mr.Schlitz, Popeye, whisky

poème d’amour à une strip-teaseuse

Par Pascal Uccelli, 23 août 2005 à 12:00

il y 50 ans je regardais les filles
se déhancher et se déshabiller
au Burbank et au Follies
et c’était triste
et très spectaculaire
avec les lumières qui passaient du vert au
violet au rose
et la musique était forte et
rythmée,
et ce soir je suis là,
à fumer et
à écouter de la musique
classique
mais je me rappelle encore certains de
leurs noms : Darlene, Candy, Jeanette
et Rosalie.
Rosalie était la
meilleure, elle savait y faire,
et on se tortillait sur nos sièges et
on se manifestait
tandis que Rosalie enchantait
les hommes seuls
il y a si longtemps.

aujourd’hui Rosalie,
soit si vieille soit
si paisible sous la
terre,
voici, le visage couvert de boutons, le
garçon
qui trichait sur son
âge
rien que pour te
voir.

tu étais bonne, Rosalie
en 1935,
assez bonne pour qu’on se souvienne de
toi
quand la lumière est jaune
roi
et que la nuit est à
moi.

Charles Bukowski

” RUN WITH THE HUNTED A Charles Bukowski Reader ” – © 1969, 1971, 1972, 1973, 1974, 1975, 1977, 1978, 1979, 1982, 1983, 1986, 1988, 1989, 1990, 1992, 1993 by Charles Bukowski – © Editions Grasset & Fasquelle, 2000, pour la traduction française

Tags: 1935, bukaddict, Bukowski, Burbank, Darlene, Follies, Rosalie, triste

Pages: 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Next